Publicité

Élections 2015: les candidats répondent à nos questions (1 de 4): le logement

Élus, Immobilier
rue typique du Plateau Mont-Royal
Le Plateau se gentrifie alors que le financement du logement social se raréfie. (Photo: Gene Arboit – Wikipedia)

Il y a plusieurs jours, nous avons envoyé un questionnaire détaillé, portant sur plusieurs thèmes chers aux électeurs du Plateau, à tous les candidats dans le comté de Laurier—Sainte-Marie.

Les candidats à l’élection fédérale du 19 octobre prochain devaient réagir à chaque question par une réponse de 100 mots maximum, histoire de ne pas créer de déséquilibre entre les réponses d’un candidat à l’autre et… de ne pas tester vos nerfs de lecteurs!

Quatre thèmes ont été abordés : logement, développement commercial, transport, soutien à l’action communautaire. Aujourd’hui, nous abordons le premier : le logement. Les réponses seront livrées par ordre alphabétique du nom de famille du candidat. Ont répondu les candidats des partis vert, bloquiste, néo-démocrate, communiste et marxiste-léniniste; pas ceux des partis libéral, conservateur et rhinocéros.

Le logement

Le territoire se gentrifie. La force d’un quartier et d’une ville, c’est la mixité sociale. Il faut du logement pour toutes les bourses. Ottawa s’est progressivement retiré du financement des coopératives de logement.

Quelle est la stratégie de votre parti pour le logement social?

Gilles Duceppe, Bloc Québécois

Le budget 2015 investit 1,7 milliard chaque année pour soutenir « 570 000 ménages qui comptent sur le logement social », mais le fédéral prévoit aussi diminuer de 118 000 familles d’ici quatre ans le nombre de ménages recevant une aide financière fédérale, pour atteindre 452 000. Le fédéral se retire progressivement du financement de logements sociaux et abordables et le non-renouvellement des conventions en est le premier aspect du financement à subir les conséquences. Pour le Bloc Québécois, cette situation n’a aucun sens. Il faut investir dans les logements sociaux et abordables, faire le contraire est tout simplement indécent.

Pierre Fontaine, Parti communiste

Le Parti communiste du Canada considère que le logement constitue un droit fondamental. Nous prendrions des mesures d’urgence pour construire 1 million d’unités de logement social et abordable durant les 4 prochaines années d’un mandat. À cette fin, nous établirions, en collaboration avec les provinces et les municipalités, des banques de terrains. Cette politique contribuerait à créer directement et indirectement des milliers d’emplois.

Cyrille Giraud, Parti vert du Canada

Le Canada étant le seul pays de l’OCDE n’ayant aucune stratégie de logement, le principal engagement du Parti vert du Canada est d’élaborer et de mettre en œuvre un programme national de logement pour garantir un chez-soi à chacun. Pour se faire, le Parti vert s’engage à élaborer une stratégie nationale en matière de logement par l’entremise du Conseil des gouvernements canadiens. Le Parti vert soutient aussi le transfert de fonds aux gouvernements des provinces, des territoires et des municipalités pour le logement social par l’entremise du véhicule traditionnel, soit la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Serge Lachapelle, Parti marxiste-léniniste du Canada

La première chose est de reconnaitre que tout être humain a droit au logement. Cela fait partie du vivre en sécurité. Le logement est un droit qui doit recevoir des garanties concrètes. En l’absence de ces garanties, celui-ci demeure un privilège. C’est pourquoi notre parti appelle à devenir les décideurs et à gagner notre pouvoir de décider sur toutes les affaires qui affectent nos vies. Le droit au logement en fait partie intégrante. Il faut rejeter cette logique néolibérale que la société ne peut plus payer pour le niveau de programmes sociaux dont nous avons besoin pour vivre. Il est tout à fait inadmissible que près de 30 % des locataires du Plateau paient plus de 50 % pour se loger et que près de 20 % paient plus de 80 %. Cela signifie que les autres droits sont violés que ce soient le droit de se nourrir en quantité et qualité suffisante, à de vêtir, de soigner, s’éduquer, etc. Le programme d’austérité néolibéral est destructeur et antisocial attaquant les droits les plus fondamentaux. Les expulsions, les saisies hypothécaires et les coupures de services pour cause de chômage seraient interdites. Nous établirions aussi un contrôle significatif des loyers.

Hélène Laverdière, Nouveau parti démocratique

Dans les grandes villes canadiennes, les prix exorbitants contraignent plusieurs familles à consacrer au logement plus que ce qu’elles peuvent se permettre. Au cours des 25 dernières années, sous les gouvernements libéraux et conservateurs, les investissements nationaux sur le plan du logement ont chuté de 46 %. C’est inacceptable. Un gouvernement néo-démocrate promulguera la Loi sur le logement abordable, qui reconnaît le logement comme un droit. Nous allons protéger les ententes existantes et en établissant des incitatifs à la construction de 10 000 logements locatifs et abordables.

Entendez-vous réinvestir dans le financement du logement social?

Gilles Duceppe, Bloc Québécois

Le Bloc Québécois travaillera au maintien des subventions actuelles destinées aux conventions (environ 1,7 milliard $), tout en bonifiant de 400 millions de dollars dès maintenant le budget alloué à la construction, la rénovation et la transformation de logement social et abordable. Le Bloc exigera aussi un réinvestissement progressif jusqu’à l’atteinte de 1 % des revenus annuels du fédéral. Les logements sociaux sont d’abord et avant tout des logements qui appartiennent à l’ensemble de la collectivité, et dont le but premier est de bien loger les personnes, à un coût qu’elles peuvent payer.

Cyrille Giraud, Parti vert du Canada

Oui. Le parti vert prévoit de créer un Programme national de logement abordable fournissant chaque année assez de fonds aux organismes communautaires de l’ensemble du Canada, par le biais de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), notamment pour construire de nouveaux logements abordables subventionnés : 20 000 nouvelles unités et 10 000 unités réhabilitées par année, pendant les dix prochaines années, grâce à des subventions d’investissement et des changements aux règlements sur les impôts et les hypothèques.

Hélène Laverdière, Nouveau parti démocratique

Nous allons investir plus de 2 milliards de dollars dans les coopératives et les logements sociaux d’ici 2020.

Allez-vous renouveler les conventions des logements subventionnés qui sont échues ou qui viennent à échéance dans les prochaines années?

Pierre Fontaine, Parti communiste

Nous rétablirions les conventions des logements subventionnés et coopératifs. 

Cyrille Giraud, Parti vert du Canada

Oui. Le Parti vert du Canada s’engage à permettre la création de nouveaux projets de logements abordables aux coopératives, tout en renouvelant les fonds aux coopératives en fin de contrats avec le gouvernement fédéral.

Hélène Laverdière, Nouveau parti démocratique

Oui, nous allons renouveler les accords d’exploitation des coopératives d’habitation.

Le fédéral devrait-il encourager et financer la conversion partielle ou totale de l’Hôtel-Dieu en logements sociaux?

Gilles Duceppe, Bloc Québécois

Nous laissons aux partenaires locaux et au gouvernement du Québec le soin de décider ce qui est dans le meilleur intérêt de la communauté.

Pierre Fontaine, Parti communiste

Étant moi-même membre de la coalition Sauvons l’Hôtel-Dieu, je soutiens ses revendications, notamment à l’effet d’y maintenir des services de santé et d’utiliser une partie des installations et des terrains pour des logements sociaux.

Cyrille Giraud, Parti vert du Canada

La décision finale doit revenir à la mairie de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal en concertation avec la population, car cela inclut un changement de zonage qui devrait se faire dans le cadre d’une vision globale où les besoins du quartier seront pris en compte, y compris la mise en valeur du site et des bâtiments patrimoniaux de l’Hôtel-Dieu.

Serge Lachapelle, Parti marxiste-léniniste du Canada

La question de convertir ou non l’Hôtel Dieu en logements sociaux devrait être examinée dans le cadre d’une planification et organisation sociale du logement pour que tous aient accès à ce que la société a de meilleur à offrir. Cela veut dire de changer la direction de l’économie pour que le peuple puisse en exercer le contrôle, pour que toutes les ressources servent la réalisation des droits et du bien-être de tous, dont le droit au logement. Cela passe par défaire Harper.

Hélène Laverdière, Nouveau parti démocratique

Nous sommes à l’écoute des acteurs locaux et nous savons qu’ils sont nombreux à être en faveur d’une mixité des usages de l’Hôtel-Dieu et de sa conversion partielle en logements sociaux.

Les autres thématiques de cette série:

Le développement commercial

Le transport

Le communautaire

Vos commentaires
loading...