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Où sont passés les boyaux…

Histoire
La caserne 16, angle Christophe-Colomb et Rachel.
On voit la brigade posant fièrement devant la caserne, avec la voiture du chef à gauche, le fardier des boyaux, la grande échelle et le camion pompe qui est à l’intérieur. (Source : Archives de la Ville de Montréal)

On parle beaucoup de la caserne 26 par les temps qui courent !  Cette caserne, angle Mont-Royal et Des Érables, était également l’ancien Hôtel-de-Ville de De Lorimier, avant que cette petite ville ne soit annexée à Montréal. 

C’était un magnifique bâtiment, qui possédait une tour d’angle assez remarquable, mais qui est malheureusement disparue dans les années 1930.  Mais les travaux de rénovation annoncés sur la caserne ne ramèneront malheureusement pas ce riche patrimoine.

Pourtant, il est possible de modifier un vieil édifice, de le mettre aux normes, sans détruire ou altérer son architecture. J’en veux pour exemple la caserne 16, angle Christophe-Colomb et Rachel, qui a fait l’objet de travaux majeurs il y a près de vingt-cinq ans.

Construite en 1891 et conçue par l’architecte municipal Louis-Roch Montbriand, la caserne s’inspire du style Second Empire, avec sa façade de pierre et sa fausse mansarde de tôle. Son couronnement est assez élaboré et chaque lucarne est coiffée d’un « épi » qui ornemente avantageusement l’immeuble. À l’origine, l’édifice est partagé avec la police. Les écuries étaient situées à l’arrière.

caserne B

Les premiers véhicules motorisés manœuvrent encore très bien avec les portes existantes en 1933. (Source : Archives de la Ville de Montréal)

Avec le temps, les besoins ont évolué, les chevaux attelés sont devenus des chevaux vapeurs, mais c’était encore le bâtiment de la caserne qui dictait la marche à suivre. Ainsi, les premiers camions étaient encore compatibles avec les dimensions des portes. Ils n’en avaient pas moins fière allure (et les pompiers aussi dans leurs beaux costumes).

caserne C

Nouvelle façade de 1991 montrant l’intervention sur la maçonnerie des portes. On voit le poste de police à la gauche de la caserne. (Source: Service de la prévention des Incendies de la Ville de Montréal)

Dans les années 1990, l’effort de sécurité publique devenant de plus en plus exigeant et les normes évoluant rapidement, les nouveaux camions plus costauds ne sont plus compatibles avec les caractéristiques architecturales de ces vieux bâtiments. On songe même à démolir la caserne pour la reconstruire. Comme tout le monde est attristé d’une telle éventualité, on fait évoluer le projet vers l’installation des nouvelles portes latérales sur Christophe-Colomb. La façade principale est conservée mais l’impact sur l’édifice demeure majeur.

C’est alors que la firme d’architectes Jodoin Lamarre Pratte, suggère plutôt d’intervenir sur la largeur des portes de la façade en élargissant deux des trois portes et en en redessinant les arches de pierre. 

L’intervention permet non seulement de sauver l’édifice; mais surtout de conserver le caractère monumental de la façade de pierre grise. Une véritable restauration permettrait toutefois de réinstaller les tôleries décoratives au haut de la mansarde.

Un jour, un jour.

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