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Halte aux pesticides systémiques

Environnement
On dénombre plus de 150 ruches à Montréal, dont une vingtaine sur le Plateau
On dénombre plus de 150 ruches à Montréal, dont une vingtaine sur le Plateau. (photo : courtoisie de Miel Montréal)

Dans le cadre du mois de l’abeille urbaine, le Santropol Roulant accueillera jeudi (19 novembre) le lancement de l’Alliance pour l’interdiction des pesticides systémiques (AIPS).

« Il y a une belle conjoncture cette année », explique le porte-parole de Miel Montréal, Alexandre Beaudoin. Le lancement de cette « nouvelle alliance » entre apiculteurs urbains et ruraux est le fruit d’une mobilisation des stagiaires en apiculture urbaine et de membres de Miel Montréal et représente « un point culminant » de la campagne pour le bannissement des pesticides néonicotinoïdes (ou néonics) dans la métropole.

L’apiculture urbaine est en plein essor à Montréal comme en témoigne une carte interactive des ruchers disponible sur le portail d’Agriculture urbaine Montréal.

Les apiculteurs se réjouissent donc qu’une motion en vue d’interdire l’usage des insecticides toxiques ait été présentée au conseil municipal de Montréal au printemps dernier. Alexandre Beaudoin déplore cependant que cette motion soit jusqu’à présent restée sans suite.

Un « triple scandale »

L’usage de pesticides systémiques, en particulier des néonics, est un « triple scandale », estime l’un des fondateurs de l’AIPS, Pascal Priori.

L’apiculteur souligne que le rapport d’évaluation globale du Task Force on Systemic Pesticides établit clairement que ces pesticides présentent un danger pour l’environnement et pour les abeilles et les insectes pollinisateurs qui permettent la reproduction de 70 % des plantes cultivées au Canada.

Les néonicotinodies sont malgré tout largement utilisés dans l’agriculture industrielle, et ce, même si aucune amélioration du rendement agricole n’est associé à leur usage, note Pascal Priori. « C’est une aberration », ajoute-t-il en s’inquiétant du fait que la quasi-totalité des semences de maïs et de canola et que 50 % à 75 % des semences de soya soient traitées aux néonics.

Pascal Priori souligne par ailleurs qu’il n’existe « pas d’évaluation de la dangerosité » de néonicotinoïdes et qu’aucun encadrement réglementaire ne vient limiter leur usage, même si certaines des substances actives de ces pesticides sont jusqu’à 7000 fois plus toxiques que le DTT.

La sentinelle menacée

« L’abeille, c’est la sentinelle », explique Alexandre Beaudoin de Miel Montréal qui se réjouit de voir émerger une alliance qui servira de « point de repère » dans un débat important sur la biodiversité et sur le rôle des abeilles et des pollinisateurs dans nos écosystèmes.

L’alliance souhaite en effet sensibiliser le public et les décideurs politiques à l’urgence d’agir pour protéger les abeilles, mais aussi la production maraîchère et la santé humaine contre les pesticides systémiques dont l’usage se répend au Canada, en dépit des risques environnementaux qui y sont associés.

Le lancement de l’AIPS se tient jeudi soir au Santropol roulant, un centre alimentaire et communautaire établi sur le Plateau depuis 20 ans qui est notamment impliqué dans des projets d’apiculture urbaine.

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