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Les p’tites zézettes au Jardin des Merveilles

Histoire
groupe d’enfants à la cérémonie d’inauguration du Jardin des Merveilles en août 1957
Un groupe d’enfants participe à la cérémonie d’inauguration du Jardin des Merveilles en août 1957. (Source : Archives de la Ville de Montréal)

Qui se souvient de Zézette à la radio?

L’an dernier, j’animais une balade présentant l’histoire du parc La Fontaine, dans le  cadre du programme des « Belles Soirées ».  Un groupe d’une trentaine de personnes m’accompagnait et la douceur du temps ainsi que la présence du soleil printanier semblait détendre l’atmosphère, car tout le monde était de bien bonne humeur.  Ça jasait, ça échangeait, ça se souvenait, et le tout était fort agréable.

Arrivés devant l’actuel petit kiosque du guignol, qui était jadis l’entrée du Jardin des Merveilles, une dame commence à nous raconter que petite fille, elle avait participé aux cérémonies d’inauguration avec un groupe d’enfants qui avaient chanté quelques chansons et comptines devant la foule.  Elle disait se souvenir des chansons et de cette journée en détail.  Vous imaginez bien que notre groupe turbulent ne perdit pas une seconde pour exiger qu’elle nous fasse un p’tit bout de chanson.  Après s’être fait tirer l’oreille un peu, elle s’exécute dans la bonne humeur générale.  Elle nous raconta aussi comment les organisateurs avaient rédigé le menu des enfants ce jour-là, avec des noms cocasses comme « soupe à la tortue » etc. etc.  Je venais de perdre momentanément mon rôle de guide et la « discipline » du groupe.

Tout le monde venait d’assister à l’expression même de ce qu’était un magnifique souvenir d’enfance; qui faisait encore surface près de 60 ans plus tard.  Cela décrivait très bien également la magie que ce « parc d’attractions » nouveau genre exerçait sur les enfants.  C’est encore plus fascinant de constater encore aujourd’hui le nombre d’adultes qui ont fréquenté ce petit zoo étant enfant et qui en ont conservé un souvenir aussi précis qu’attendrissant.

Mais qu’en est-il de la fameuse Zézette?  J’y arrive !

Récemment, en recherchant des photographies, je suis « tombé » par hasard sur cette photo provenant des archives de la Ville de Montréal.  Il était évident qu’il s’agissait justement d’un témoignage de l’événement que je viens de vous relater.  La légende titrait « les petites zézettes de Jeanne Couët, au parc La Fontaine ».  Les pièces du puzzle commençait à se mettre en place et je me suis alors souvenu que  Jeanne Couët interprétait le personnage de Zézette à la radio de CKVL, dans mon enfance.  Les documents faisaient aussi état du fait que Madame Couet possédait une petite école enseignant chant et maintien aux enfants.

Robert Rivard (Ti-Beu), Christiane Delisle, Ovila Légaré (auteur et père de Zézette), Jeannette Deguire et Jeanne Couet (La fameuse Zézette)

Les «comédiens» de l’émission Zézette sur les ondes de CKVL de 1951 à 1963 On reconnaît Robert Rivard (Ti-Beu), Christiane Delisle, Ovila Légaré (auteur et père de Zézette), Jeannette Deguire et Jeanne Couet (La fameuse Zézette). (Source : Archives de CKVL (1955) et site «les pionniers de la radio»)

La recherche sur l’émission proprement dite m’a permis de retracer une photo montrant les principaux personnages de l’émission.  Zézette était une petite fille espiègle, vive, imaginative; et avec la caractéristique principale  qu’elle aimait bien jouer des tours.  L’indicatif d’ouverture de l’émission consistait en une trame de bruitage où l’on entendait son père, Désiré, culbuter sur les patins à roulettes oubliés par Zézette dans l’escalier menant au sous-sol.  L’émission s’annoncait alors avec le retentissant …ZÉZETTE, lancé par son père en furie.  Son père aussi avait un patois…« BARRIÉRE » qu’il utilisait souvent.  Elle avait un grand ami, Ti-Beu, qui partageait toujours ses coups pendables mais, malheureusement pour lui, souvent comme souffre-douleur.  Cette émission était religieusement suivie par tous les enfants à cette époque.  Peut-être enviaient-ils dans un malicieux silence les mauvais coups que Zézette faisait endurer  à son pauvre père; alors qu’eux, trop sages, se contentaient d’écouter la radio.

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