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Il y a pas beaucoup de neige cette année

Histoire
Affiche touristique de 1924 incitant les visiteurs à pratiquer les sports d'hiver à Montréal (détail).
Affiche touristique de 1924 incitant les visiteurs à pratiquer les sports d’hiver à Montréal (détail). (Source: Archives de la Ville de Montréal)

Depuis plus d’un siècle à l’hiver venu, les pentes du mont Royal attendent les amateurs de toboggan.  Cette année fait toutefois exception, car c’est plutôt la neige qui se fait attendre. 

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Affiche touristique de 1924 incitant les visiteurs à pratiquer les sports d’hiver à Montréal. (Source: Archives de la Ville de Montréal)

La présence d’une si belle montagne en plein coeur de la ville, au milieu de quartiers densément peuplés, est un don du ciel pour ceux qui aiment glisser en «traîne sauvage».  Les pentes du versant Est, celles de la «côte Placide» (comme l’a appelée en 1876 Frederick Law Olmsted, le concepteur de l’aménagement paysager du parc du Mont-Royal) sont

longues, très plaisantes à glisser, et aisées à remonter.  C’est tout le secteur de Fletcher’s field (surtout la partie à l’ouest de notre actuel parc Jeanne-Mance) qui est envahi par les résidants du quartier dès la première bonne bordée de neige.  On y glisse près de l’avenue du Mont-Royal et jusqu’au secteur de l’avenue des Pins.

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En 1910, on pratique le toboggan au pied du Mont-Royal. Le petit bâtiment blanc est un vestige d’une ancienne «villa rurale» et ne doit pas être confondu avec l’actuel petit édifice ayant servi de terminus de tramway. (Source: BANQ)

Ce plaisir hivernal est populaire car il est peu couteux; on peut rejoindre la montagne à pieds; on s’y retrouve à plusieurs amis; on fait des compétitions à qui se rend le plus loin; on se fait aussi parfois surprendre par des bosses qui transforment traînes et équipages en chasse-galerie soudaine qui, la plupart du temps, laisse quelques douleurs dans le bas du dos.  Ce n’est pas grave car tout le monde est de bonne humeur et ne demande qu’à recommencer.

La photographie suivante, est une carte postale montrant des enfants qui glissent dans le secteur de la rue Duluth.  On aperçoit la gare du «inclined railway», le funiculaire, qui est fermée pour l’hiver.  L’an prochain, pour le carnaval d’hiver de Montréal de 1909, le palais de glace sera construit à peu près à cet endroit.

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1908, des enfants glissent près de la gare du funiculaire dans l’axe de la rue Duluth; au fond, on voit les résidences de l’avenue de l’ Esplanade. (Source: BANQ)

Mais il n’y a pas que la montagne qui attire les glisseurs.  Il y a aussi le parc La Fontaine.  Encore aujourd’hui, les fins de semaine enneigées nous amènent des foules familiales qui se retrouvent dans la pente derrière le monument de Dollard.  Cette pente qui se dirige vers le bassin nord en contrebas a l’avantage d’offrir une variété de défis entre la pente plus douce près de Rachel, et les pentes plus abruptes dans le secteur du théâtre de Verdure.

Au début du siècle, on glisse partout au parc.  La carte postale  ancienne (photo suivante) nous montre la foule de glisseurs qui utilisent la pente dans la partie sud du parc près de la rue Sherbrooke.  On peut distinguer dans le haut de la photo, à gauche, l’édifice de l’école normale Jacques-Cartier, qui sera démoli à la suite d’un incendie en 1948.

Le Plateau Mont-Royal, capitale des sports d’hiver …quand il y a de la neige.

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Glisseurs au parc La Fontaine. (Source : carte postale collection Christian Paquin SHP)

Visitez la Société d’histoire du Plateau Mont-Royal :

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