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Un parc La Fontaine disparu !

Histoire
Photo aérienne du parc Lafontaine en 1927
Le parc Lafontaine, en 1927. (Source : BAnQ / ministère des Terres et Forêts / Compagnie aérienne Franco-Canadienne)

Il n’y a pas de doute, le parc La Fontaine est un lieu unique et privilégié.  Les résidants du Plateau l’aiment d’amour, véritablement.

La photographie aérienne du parc, parue dans la dernière chronique, a suscité beaucoup d’intérêt.  Des échanges sur facebook ont généré plusieurs commentaires et souvenirs de la part de lecteurs.  La photographie qui coiffe ce texte, prise en 1927, nous montre le parc à ses anciennes heures de gloire, au moment où il constituait une destination très prisée non seulement par les habitants du quartier, mais aussi de la part de tous les montréalais.  Nous avons rapidement présenté la scène la semaine dernière, mais celle-ci mérite vraiment une description plus détaillée.  Mais que voit-on de si extraordinaire dans cette photographie?

Tout d’abord, nous voyons le parc dans sa tenue classique; celle de sa « Belle Époque» pourrait-on dire.  Il ne lui manque que sa fontaine lumineuse, qui arrivera deux ans plus tard en 1929, cadeau de la compagnie Westinghouse afin de marquer le jubilée de la création de l’ampoule électrique par Edison.  Avec sa fontaine, le parc deviendra véritablement la destination estivale où les familles et les amoureux aimeront passer une partie de la soirée.

Cette époque corresponds au passage d’Émile Bernadet comme responsable des parcs de la Ville.  Il sera en poste de 1910 à 1943.  Il dotera le parc de la plupart des équipements que l’on voit sur la photo.  Les images qui suivent nous montrent des détails tirés de la plus grande photo.  Cela nous permettra de mieux examiner ces éléments.

Le long de la rue du parc La Fontaine (Rachel) on retrouve la maison du surintendant, aussi appelé maison du jardinier ou maison du gardien du parc.  Bernadet  y habite avec sa famille pendant une trentaine d’années.  Juste à l’ouest ( la grande masse blanche) se trouvent les grandes serres de la Ville.  Elles sont d’abord érigées au Square Viger en 1865 et déplacées ici en 1889.  On y cultive toutes les plantes et fleurs qui ornent les places publiques de la ville.  On voit bien également les deux rues qui bordent le parc avec leur terre-plein planté d’arbres.

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Source : BAnQ / ministère des Terres et Forêts / Compagnie aérienne Franco-Canadienne

La photo suivante montre le détail du secteur du «pont des amoureux».  C’est l’endroit névralgique du parc.  On y voit bien la digue qui sépare  les deux étangs ainsi que le fameux pont de 1913, avec son toit en pavillon, illuminé le soir par des ampoules électriques et sa cascade vers l’étang sud.  Tout juste derrière, c’est le pavillon-chalet où l’on peut aussi louer des canots pour conter fleurette au fil de l’eau.  Il y a, à droite, le kiosque à musique avec son toit pointu, ancêtre du Théâtre de Verdure.  Le lecteur perspicace note bien sûr l’absence de la fontaine lumineuse.  L’ilôt de verdure au centre de l’étang nord est aménagé afin d’ajouter au caractère plus naturel que l’on souhaite donner à l’ensemble.

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Source : BAnQ / ministère des Terres et Forêts / Compagnie aérienne Franco-Canadienne

Cette autre photographie nous montre un bâtiment situé sur la face sud du parc, le long de la rue Sherbrooke.  C’est l’école normale Jacques-Cartier.  Construite en 1879, elle sera détruite par un incendie en 1948.  À l’origine, elle est réservée aux garçons et en 1899 une partie accueille des filles.  Elle est administrée par les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame.   On voit aussi l’immeuble de la Bibliothèque centrale de Montréal, oeuvre de l’architecte Eugène Payette, qui est inaugurée en 1917.

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Source : BAnQ / ministère des Terres et Forêts / Compagnie aérienne Franco-Canadienne

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Soruce : photo W.H. Care / archives Congrégation Notre-Dame

Un dernier extrait nous montre un curieux bâtiment dans le coin supérieur gauche de la grande photographie du début.  Il s’agit du premier bâtiment de l’hôpital Notre-Dame, le pavillon Deschamps.  Cette partie du futur CHUM a été amorcée en 1906.

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Source : BAnQ / ministère des Terres et Forêts / Compagnie aérienne Franco-Canadienne

Cette petite visite du parc La Fontaine nous a permis de revoir des bâtiments ou des aménagements aujourd’hui disparus.  Il faut maintenant se rappeler que c’est Claude Robillard qui viendra, à la fin des années 1950, apporter de nombreux changements dans le parc et ses équpements.  On verra alors la réalisation du Théâtre de verdure,  du chalet-restaurant, du Jardin des Merveilles, etc.

Un parc romantique nous quitte pour être remplacé par un parc moderne.

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