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La Plateau regorge de carrières « oubliées »

Environnement
Le Plateau comporte quatre sites potentiellement problématiques. (Carte de Radio-Canada réalisée à partir de Google Earth)

Le Plateau Mont-Royal compte quatre sites pouvant comporter d’anciennes carrières « oubliées ».

En novembre, Radio-Canada dévoilait l’existence d’anciennes carrières et dépotoirs sur son territoire. Le reportage, qui a fait grand bruit, dévoilait que la Ville connaissait leur existence depuis près d’un quart de siècle sans en avertir la population. Certains parcs ou même des propriétés privées sont aménagés sur ces anciens lieux d’enfouissement. Les sites ne sont pas clairement indiqués au rapport que Radio-Canada avait obtenu de la Ville.

La carte, préparée et diffusée par Radio-Canada, montre que le Plateau Mont-Royal compte quatre sites problématiques. Le plus inquiétant serait situé sous le parc Baldwin, au nord de la rue Sherbrooke. Le site, une ancienne excavation d’argile qui aurait servi à la fabrication de briques, englobe le CSSS Jeanne-Mance, la piscine Baldwin, ainsi que des immeubles résidentiels sur les rues Fullum, Sherbrooke et Messier.

Juste au nord, dans un quadrilatère formé des rues Laurier, Mont-Royal, Chabot et Fullum, on trouve les anciennes carrières Keegan & Dillon, Martineau, Quirk, Parthenais et Lionais. Aujourd’hui, on y retrouve surtout des résidences privées, des duplex et des triplex bâtis depuis plusieurs décennies, ainsi que l’école et l’église Saint-Pierre-Claver, un pavillon de la maison Lucie-Bruneau, la caserne de pompiers 26 et quelques immeubles commerciaux.

Au nord-ouest, dans un quadrilatère formé des rues Saint-Grégoire, Resther, Brébeuf et le chemin de fer du Canadien-Pacifique, juste au nord du parc Laurier, la carte indique l’emplacement de l’ancienne carrière Limoges. Le site comprend un concessionnaire automobile, quelques immeubles des travaux publics municipaux et plusieurs édifices de condominiums construits récemment.

Le dernier quadrilatère se situe entre les rues de Bullion, le Jeune, Laurier et Saint-Joseph, site de l’ancienne carrière de Bullion, où se trouvent uniquement des immeubles résidentiels. Ce site est situé juste en face des bureaux de l’arrondissement du Plateau.

Le Plateau ne semble pas abriter d’anciens dépotoirs ou sites lourdement contaminés.

« Nous allons publier une carte détaillée de l’ensemble de ces anciens sites dans les prochains jours, comme nous l’avons promis il y a plusieurs semaines, nous a expliqué Réal Ménard, maire de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et responsable de l’environnement au Comité exécutif de la Ville de Montréal. Ces cartes sont réalisées par nos services et seront géoréférencées. C’est avant tout par transparence que nous entendons publier ces cartes. »

Un attaché nous a par la suite précisé que l’administration actuelle n’a jamais voulu camoufler cet épineux dossier à la population. « Ce rapport a été produit il y a 25 ans et il a été tabletté, dit-il. Cinq administrations se sont succédé depuis et personne n’a agi. Nous avons en quelque sorte hérité de ce dossier pratiquement oublié. »

Plusieurs experts ont affirmé dans les médias que la Ville s’exposait à des poursuites potentielles de la part de propriétaires d’immeubles qui se retrouvent avec un actif érigé sur d’anciens sites posant des problèmes de contamination ou de stabilité des sols. M. Ménard a réaffirmé que la Ville s’engageait à publier les fameuses cartes, sans plus.

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