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Sécurité des ruelles : le fond du problème

Transport
La multiplication des ruelles vertes s'inscrit dans une volonté de réduire la place de l'automobile en ville.
En plus de contribuer à la lutte contre les îlots de chaleur, la multiplication des ruelles vertes s’inscrit notamment dans une volonté de réduire la place de l’automobile en ville. (photo : Simon Van Vliet)

La volonté d’augmenter la sécurité des ruelles se heurte au problème de l’augmentation massive du nombre de véhicules à Montréal.

En entrevue à l’émission Le 15-18 sur ICI Radio-Canada Première lundi, la conseillère d’arrondissement Marianne Giguère rappelait que les ruelles n’ont pas été conçues comme des voies de circulation automobile ni comme des voies d’accès pour le stationnement hors rue, mais comme voies de desserte qui sont devenues au fil des décennies des terrains de jeux pour les enfants et des espaces de rencontres pour les communautés.

Sortir les voitures des ruelles?

Les interventions annoncées par l’arrondissement mardi s’inscrivent ainsi dans une volonté de refaire des ruelles des espaces publics et des milieux de vie sécuritaires et conviviaux. « C’est ça l’avenir de Montréal et c’est ça qu’on construit », insiste le maire d’arrondissement, Luc Ferrandez. Avec la multiplication des projets de verdissement, le Plateau espère ainsi rendre aux ruelles leur caractère communautaire et familial d’antan.

« Pour revenir à ça, il faudrait réduire le nombre d’automobiles », souligne toutefois Marianne Giguère. La conseillère estime que la solution à long terme serait de réduire le nombre d’automobiles privées afin que les ruelles ne servent plus d’accès à des stationnements hors rue, par exemple en augmentant le nombre de véhicules en libre-service. « On est dans le nœud du problème », confie-t-elle.

Hausse du nombre de voitures

En effet, la tendance observée dans la dernière décennie est plutôt celle de l’augmentation marquée du nombre d’automobiles. On note d’ailleurs une augmentation particulière dans le segment des camions légers du même type que celui qui a récemment renversé un jeune cycliste dans l’arrondissement du Sud-Ouest ou celui qui a fauché mortellement une piétonne sur l’avenue du Parc en début d’année.

« Ça rend nos rues moins sécuritaires », s’inquiète le responsable des campagnes transport, GES et aménagement du territoire au Conseil régional de l’environnement de Montréal, Félix Gravel, qui signale que le nombre de ces véhicules a augmenté de près de 20 % à Montréal depuis cinq ans.

« L’automobile est la plus grande menace », fait valoir Greg Mikkelson, un résident de la rue Villeneuve qui rappelle que les collisions demeurent une cause importante de décès chez les jeunes de 5 à 34 ans, comme le relevait Transports Canada en 2011. À l’échelle mondiale, les accidents de la route sont la première cause de décès chez les 15-29 ans et ils pourraient devenir l’une des principales causes de mortalité dans le monde d’ici 2030, selon l’Organisation mondiale de la santé.

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