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Un vrai roi sur l’avenue du Mont-Royal

Histoire
Le couple royal passe devant la station-service de Monsieur Armand Ferland, sur l'avenue du Mont-Royal angle Boyer. (Source : Archives de la Famille Armand Ferland.)
Le couple royal passe devant la station-service de Monsieur Armand Ferland, sur l’avenue du Mont-Royal angle Boyer. (Source : Archives de la Famille Armand Ferland.)

Nous avons beaucoup parlé des « châteaux » du Plateau ces derniers temps, mais ça manquait un peu de princesses et de princes, ne trouvez-vous pas?

Alors, ne reculant devant aucun sacrifice, on vous offre cette semaine un vrai roi ! On sait bien que notre « rue » Mont-Royal n’est pas ordinaire, mais, admettons-le, c’est quand même particulier d’y accueillir une véritable « majesté britannique ».

C’est en mai 1939, à l’aube de la deuxième Grande Guerre, que le roi Georges VI vient nous rendre visite en compagnie de son épouse Elizabeth, qui deviendra plus tard la « Queen Mum ». L’Empire britannique, qui sent la soupe chaude et l’approche de la guerre, s’inquiète des tergiversations du bon peuple canadien à l’égard de la conscription. Les anglophones veulent bien se porter à la défense de la « Mère Patrie », mais les francophones sont pas mal plus réticents à cet égard. On enverra donc un gros ambassadeur pour nous brasser le « canayen ».

Parrainé par le premier ministre canadien William Lyon Mackenzie King, le couple royal traversera le Canada avant de se rendre à New York, pour l’inauguration de l’exposition universelle. Bien sûr, il s’arrêtera à Montréal (encore presque métropole du Canada).

Souper protocolaire à l'hôtel Windsor où arrivent la reine et le maire Camillien Houde . (Source : Archives de la Ville de Montréal)

Souper protocolaire à l’hôtel Windsor où arrivent la reine et le maire Camillien Houde . (Source : Archives de la Ville de Montréal)

Pendant son séjour à Montréal, c’est notre ami Camillien Houde, nouvellement élu maire, qui accompagnera le couple royal. Ironiquement (pour ne pas dire paradoxalement), Houde signifiera quelques mois plus tard en août 1940, sa farouche opposition à la conscription, ce qui lui vaudra 4 ans d’internement à Petawawa et au Nouveau-Brunswick, dans des camps de « concentration ». Il reviendra à Montréal en août 1944 où il sera accueilli en véritable héros par la foule montréalaise.

Pour ce qui est de notre photo ancienne de l’Avenue Mont-Royal, on se trouve entre Mentana et Boyer (on regarde vers le sud), devant la station-service de monsieur Armand Ferland. C’est son fils Paul-Émile qui nous a fourni cette photo. On remarque la foule bon enfant, tout endimanchée et vraisemblablement très heureuse d’assister au spectacle.

Le cortège vient du grand chalet où le couple a dévoilé une plaque commémorative. Il empruntera ensuite l’avenue Christophe-Colomb vers le parc La Fontaine et le stade De Lorimier.

Le roi Georges VI dans les années 1940. (Source: Librairie du Congrès des États-Unis)

Le roi Georges VI dans les années 1940. (Source: Librairie du Congrès des États-Unis)

Outre le bâtiment de la station-service comme tel, l’environnement et le paysage de l’avenue du Mont-Royal n’ont pas vraiment changé.

Avec la photo suivante, on voit que dans les années 1950, la station-service de Monsieur Ferland perdit son petit air de château, que l’on remplaça par une architecture plus moderne, fraîchement issue des dessins standards des grandes compagnies pétrolières. Un modèle « trois portes »; avec au beau milieu du terrain, deux pompes à essence, une pour le « jaune » et une pour le « rouge ». Nous sommes à l’âge d’or de l’automobile; elle vient tout juste d’entrer dans les mœurs familiales des Québécois. C’est aussi à cette époque, ailleurs qu’au Plateau, la naissance de la banlieue.

Saviez-vous que si ce bâtiment était toujours existant, il y aurait une levée de boucliers pour en assurer la conservation? Il a malheureusement été remplacé par la suite avec une structure encore plus moderne qui, à son tour aujourd’hui, attend sa démolition.

La photographie est tirée de la biographie de Jean-Pierre Ferland «Hey boule de gomme...s'rais-tu dev'nu un homme?» par Sophie Durocher, chez Libre Expression. (Source: fournie par Bernard Vallée)

La photographie est tirée de la biographie de Jean-Pierre Ferland «Hey boule de gomme…s’rais-tu dev’nu un homme?» par Sophie Durocher, chez Libre Expression. (Source: fournie par Bernard Vallée)

Visitez la Société d’histoire du Plateau Mont-Royal :

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