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L’église Saint-Louis-de-France de la rue Laval

Histoire
(source : BAnQ - collection numérique / cartes postales)
(source : BAnQ – collection numérique / cartes postales)

Angle des rues Roy et Laval, de 1897 à 1933, s’élevait un des plus beaux édifices religieux de Montréal, l’église Saint-Louis-de-France. Quelques mots de sa fabuleuse histoire.

Peu de temps après sa construction, l’église impressionne avec son clocher très ouvragé. On aperçoit les petites maisons de la rue Laval qui sont toujours debout aujourd’hui.

(source : BAnQ - collection numérique / cartes postales)

(source : BAnQ – collection numérique / cartes postales)

Mais le 12 janvier 1933, cette magnifique église disparaît, complètement détruite par un incendie. À l’été de 1933, les ruines de l’église sont toujours présentes et rappellent aux passants son triste sort.

(source : collection CCA)

(source : collection CCA)

Œuvre des architectes Victor Roy et Louis-Zéphirin Gauthier, ce monument imposant, dont la construction débute en 1890 pour se terminer en 1897, est l’église paroissiale de cette nouvelle communauté bourgeoise francophone, qui vient de s’établir tout autour du square Saint-Louis, sur les rues Sherbrooke, Cherrier, Laval et Saint-Denis. Cette paroisse, détachée de celle de Saint-Jean-Baptiste, est érigée canoniquement le 17 mai 1888. Dans l’attente de la construction de l’église, l’école Olier (Roy et Henri-Julien) servira de lieu de culte pour les paroissiens. Durant la période de 1890 à 1897, les fidèles se réunissent dans la crypte déjà complétée.

L’élite de la société canadienne-française se construit de magnifiques résidences dans le quartier et elle souhaite se doter d’un temple à la hauteur de son prestige. Au moment de l’inauguration, le journal La Patrie proclame à son sujet qu’il s’agit « du plus beau monument qui ait jamais été érigé au Canada ».

Son style architectural peut difficilement être rattaché à un courant de cette époque. On souligne parfois une influence byzantine, parfois une inspiration romane. Une chose est sûre, l’édifice ne laisse personne indifférent et impressionne par sa monumentalité.

L’intérieur de l’église est majestueux et la décoration débordante s’inspire des églises européennes. On y reprend également des peintures sur toile marouflée, inspirées d’œuvres célèbres; l’Immaculée Conception de Murillo, le Couronnement de la Vierge de Raphael, ou encore, le Saint-Louis en prière de Le Brun, pour ne nommer que celles-là.

Ce caractère magistral semble bien en imposer, car un événement majeur de l’Église catholique montréalaise, la procession solennelle du grand Congrès eucharistique international de 1910, emprunte la rue Laval et longe le monument après avoir franchi un des plus beaux arcs de triomphe qui ornent le parcours du défilé.

Chronique PAMPLEMOUSSE no55_3

En 1921, le sculpteur Olindo Gratton remplace les quatre « clochetons-lanternes » au centre du clocher par quatre anges aux trompettes. Il s’agit de sculptures de bois recouvertes de feuilles de cuivre. Les statues de la façade de la cathédrale ainsi que les deux groupes d’anges de l’église Saint-Enfant-Jésus-du-Mile-End récemment restaurés sont aussi de Gratton. (source: photo de gauche, MCCQ / fonds Gérard Morrisset et celle de droite, photo de Roy Hartling tirée de l’album des églises de la Province de Québec, 1930)

Une nouvelle église

À la suite de l’incendie de 1933, la reconstruction de l’église au même endroit est remise en question, car la démographie du quartier Saint-Louis s’est radicalement transformée au cours des deux décennies précédentes. En effet, la bourgeoisie francophone a migré principalement vers Outremont. Le boulevard Saint-Laurent étant devenu le grand couloir de l’immigration à Montréal, il ne reste que peu de catholiques francophones à l’ouest de la rue Saint-Denis. On prend alors la décision de rebâtir la nouvelle église plus à l’est, à l’angle des rues Roy et Berri.

Il ne reste de trace de ce passé prestigieux que le presbytère de la rue Laval, seul témoin de cette histoire remarquable. On peut cependant encore apercevoir un vestige d’un mur de l’église inséré dans le mur sud de l’ancien presbytère, à l’arrière du présent édifice, qui occupe dans sa totalité l’ancien emplacement de ce monument disparu.

Chronique PAMPLEMOUSSE no55_4

On voit sur ce détail, les anges que Gratton a installés au clocher. Voir le clocher original sur la première photo.

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