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Le cheval vapeur dans les rues du Plateau

Histoire
(Source : Archives de la Ville de Montréal)
(Source : Archives de la Ville de Montréal)

Le Plateau d’aujourd’hui nous a plutôt habitués aux rutilantes BMW, Audi et autres Mercedes-Benz. Nous sommes ainsi bien loin des véritables chevaux « vapeur ». Pourtant, c’était encore hier.

Le cheval était omniprésent dans nos rues et il jouait le rôle que les véhicules à essence réalisent de nos jours. Les « Vroum-Vroum » ont remplacé les « Clop-Clop ». Voyons voir quelques-uns de ces valeureux « anciens moteurs ».

Le cheval tramway

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, à l’époque où la révolution industrielle propulse Montréal au rang des grandes puissances du Dominion britannique, le cheval est roi et maître des rues montréalaises. Tout déplacement de biens ou de personnes fait obligatoirement appel à sa force motrice. C’est aussi l’époque où notre Plateau atteint son apogée comme proche banlieue de la grande ville. Encore ici, c’est le cheval qui va permettre l’essor du quartier avec l’arrivée en 1861 des premiers tramways hippomobiles, ce qui va enfin permettre de grimper la côte de Sherbrooke plus facilement. Ce sera le coup d’envoi au développement du Plateau.

(Source : Archives de la Société de transport de Montréal)

(Source : Archives de la Société de transport de Montréal)

Cette photo nous montre justement un de ces tramways en 1887. Chevaux, tramway et passagers prennent la pose, angle Mont-Royal et Saint-Denis, devant le commerce de J.A. Provost, « groceries & provisions ». Les lignes nord-sud étaient dotées de « teams » de chevaux supplémentaires pour aider à gravir la côte Sherbrooke. Lorsque le tramway arrive au bas de la côte on lui ajoute deux autres bêtes. En 1892, le tramway électrique fera son apparition et donnera peu à peu congé à ces braves chevaux.

Le cheval camionnette

Cette autre photo qui date de 1945 nous montre les « tombereaux » qui étaient utilisés par le service de l’incinération de la Ville de Montréal. Très petit et mobile, c’était le véhicule idéal pour parcourir les ruelles du quartier afin de ramasser les déchets. Les équipages se dirigent ici sur la rue Saint-Grégoire vers l’ancien incinérateur municipal. Comme ce travail est physiquement moins exigeant, on peut penser que ce sont les plus vieux chevaux municipaux qui terminent ainsi leur carrière. D’ailleurs, les ateliers de la rue des Carrières logeaient également une vaste écurie pour recevoir les chevaux du quartier. Heureusement, notre société de consommation n’étant pas encore une réalité à cette époque, les déchets étaient beaucoup moins nombreux et volumineux qu’aujourd’hui.

(Source : Archives de la Ville de Montréal)

(Source : Archives de la Ville de Montréal)

On sait qu’en 1945, il existe déjà depuis plusieurs années des véhicules moteurs qui pourraient faire ce travail. La Ville ne pouvant quand même pas remplacer du jour au lendemain tout ce matériel roulant, on verra encore durant de nombreuses années ces véhicules hippomobiles partager la chaussée avec les automobiles.

Le cheval déneigeur

Une autre fonction essentielle du cheval municipal était de participer aux travaux de déneigement de nos rues. On voit tout de suite que ce travail requiert des bêtes plus costaudes que les « vieux canassons » nonchalants dont nous venons tout juste de parler. Les grosses niveleuses d’aujourd’hui sont plus fortes bien sûr; mais la ténacité et la persévérance des déneigeurs de l’époque venaient quand même à bout des chutes de neige. Il faut malgré tout se rappeler que la neige n’était pas nécessairement chargée comme aujourd’hui. On la tassait plutôt sur les côtés et il fallait attendre le printemps pour la voir disparaître complètement.

(Source : Archives de la Ville de Montréal)

(Source : Archives de la Ville de Montréal)

Le lecteur peut retrouver sur le site web des Archives de la Ville de Montréal une collection assez complète de photographies montrant les divers équipements utilisés pour gérer la neige. Cette photo des années 1940 nous montre une gratte pour les rues, qui est tirée par deux imposants chevaux. Aussi, on est à même de constater que le harnachement des chevaux est beaucoup plus complet, fort et solide que d’habitude. La photo est prise à l’angle de l’avenue du Parc et l’avenue du Mont-Royal, près du parc Jeanne-Mance.

Le cheval livreur

Une autre catégorie importante de l’utilisation des chevaux en ville concerne les besoins des entreprises qui font de la livraison à domicile. Par exemple, dans la première moitié du XXe siècle, le lait et le pain sont livrés à domicile. La boulangerie J.A. Brosseau possédait divers emplacements de production, dont un rue Boyer au sud de Marie-Anne, et un autre rue Drolet, au nord de Boucher. Devenue une entreprise importante, elle opérait une vaste « flotte » de voitures hippomobiles. La laiterie J.J. Joubert de la rue Saint-André utilisait plusieurs dizaines de chevaux pour lesquels elle avait fait construire un vaste garage-écurie rue Saint-André et Saint-Grégoire.

(Source : Archive photographique Georges Brosseau)

(Source : Archive photographique Georges Brosseau)

Comme on a pu le voir, le cheval était un acteur important et un personnage très présent de notre paysage urbain quotidien. Non polluant et plus silencieux que le moteur à explosion, notre vieux canasson était également plus écologique, puisque ses « pommes de route » faisaient aussi le délice des petits moineaux domestiques.

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