Publicité

Au-delà des chiffres : une itinérance bien implantée

Vie de quartier
La présence de grandes artères commerciales, de grands parcs et de stations de métro, ainsi qu’une tolérance relative des citoyens et de la police vis-à-vis l’itinérance expliquent en partie l’attrait du Plateau pour les personnes sans-abris.
La présence de grandes artères commerciales, de grands parcs et de stations de métro, ainsi qu’une tolérance relative des citoyens et de la police vis-à-vis l’itinérance expliquent en partie l’attrait du Plateau pour les personnes sans-abris. (photo : Simon Van Vliet)

À l’occasion de la journée internationale des sans-abris, pamplemousse.space.monolith.agency esquisse un portrait de l’itinérance sur Le Plateau-Mont-Royal.

Malgré le dénombrement réalisé l’an dernier, qui n’a identifié qu’une trentaine de personnes en situation « manifeste » d’itinérance sur le Plateau dans la nuit du 24 mars 2015, les données manquent pour quantifier le phénomène.

L’itinérance en croissance

Selon une analyse publiée au printemps dernier par le coordonnateur du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Pierre Gaudreau, le Plateau « attire et retient un nombre important de personnes en situation d’itinérance ».

Le Portrait du phénomène de l’itinérance dans le Grand Plateau, réalisé en 2014 par la CDC Action Solidarité Grand Plateau, faisait toutefois état « d’une migration des PSI [personnes en situation d’itinérance] du centre-ville vers le Plateau, et d’une dégradation de la situation socio-économique des résidents ».

Ces deux facteurs contribuent à l’augmentation de l’itinérance dans l’arrondissement.

Majoritairement composée d’hommes blancs francophones âgés de plus de 40 ans, la population itinérante s’est diversifiée au fil des ans et compte de plus en plus de femmes et de membres des communautés autochtones.

Un phénomène bien ancré

Une partie de la population itinérante du Plateau « résidait sur le territoire avant d’être sans domicile fixe », note la CDC dans son rapport de 2014 qui pointe du doigt la gentrification importante du quartier.

Il s’agit là d’une particularité du Plateau, selon Pierre Gaudreau. D’après lui, l’intense pression spéculative qui s’exerce dans l’arrondissement depuis une trentaine d’années « entraîne un délogement important des plus démunis et une augmentation significative du risque d’itinérance ».

La présence de grandes artères commerciales, de grands parcs et de stations de métro, ainsi qu’une tolérance relative des citoyens et de la police vis-à-vis l’itinérance expliquent en partie l’attrait du Plateau pour les personnes sans-abris.

Les organismes d’aide en sécurité alimentaire, qui vivent actuellement une pression accrue, sont parmi les ressources les plus utilisées par la population itinérante du Plateau.

Vos commentaires
loading...