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Les sports d’hiver, rue Saint-Hubert

Histoire
(source : BAnQ  /  illustration du journal « La Patrie »)
(source : BAnQ  /  illustration du journal « La Patrie »)

Aviez-vous remarqué que la température s’est rafraîchie ces derniers temps ? Il faudra bientôt ressortir vos patins à glace et surtout les faire « affiler ».

Dans le « temps », chaque cordonnerie du coin avait l’équipement pour aiguiser les patins à glace des « ti-culs » du quartier. À une certaine époque, un aiguisage annuel était la norme pour passer l’hiver. Que l’on soit l’émule de Maurice Richard, ou que l’on patine sur la bottine, c’est ça qui est ça !

Mais aujourd’hui, juste trouver une cordonnerie est presque un exploit olympique. Toujours est-il que se préparer pour l’hiver sur le Plateau implique toujours de sortir ses patins à glace. Pour traverser les quelques mois de froid de notre hiver, il faut surtout se préparer et en profiter au maximum.

Durant l’hiver, un sport très populaire demeure bien sûr comme on le disait, le patin à glace. Comme les rivières ou les lacs sont rares à Montréal, on voit donc pousser à partir du milieu du XIXe siècle, des surfaces couvertes que l’on appelle des « patinoirs ». On y retrouve une surface glacée non réfrigérée, donc avec une espérance de vie relative, malgré le fait que les hivers d’antan étaient pas mal plus rigoureux que maintenant.

À Montréal, le plus connu et le plus populaire est le Victoria Skating Rink dans le centre-ville. On retrouve à Montréal, durant la deuxième moitié du XIXe siècle, jusqu’à 27 patinoires. Notre quartier ne voulant pas être en reste, des promoteurs réalisent une énorme construction qui occupe près de la moitié du côté est de la rue Saint-Hubert, entre les rues Rachel et Duluth. On appelle l’immeuble, « Le Montagnard ».

(source : BAnQ  /  illustration du journal « La Patrie »)

(source : BAnQ  /  illustration du journal « La Patrie »)

L’illustration montre bien le caractère imposant de l’édifice. Commandité par l’Association athlétique des Montagnards, il est l’œuvre des architectes Gamelin et Huot. La structure abrite une surface de glace de 270 pieds par 80 (plus grande que celle du Victoria), entourée d’une promenade de 10 pieds de largeur. On y trouve des salles pour les hommes et pour les femmes, ainsi qu’un restaurant et quelques bureaux. La date de sa construction est 1899, alors que sa disparition se situe en 1911, date à laquelle il n’est plus inscrit ni au Lovell, ni aux atlas. Un règne éphémère !

Outre le patinage traditionnel et les quelques soirées de mascarades en patins, qui sont très courues par la société canadienne-française de l’époque, le lieu abrite également l’équipe de hockey des Montagnards et plusieurs autres activités sociales. On y trouve même, pendant les belles saisons, une école nationale d’équitation.

Fait bizarre, en 1902, dans un article de l’Album Universel relatif à cette école d’équitation, on mentionne qu’elle est située dans l’ancien patinoir du Montagnard. Le patin est-il déjà émoussé sur le Plateau ?

(source : BAnQ  /  L’amphithéâtre durant l’été est utilisée comme école d’équitation.)

(source : BAnQ  /  L’amphithéâtre durant l’été est utilisée comme école d’équitation.)

Sur l’extrait de l’atlas Goad de 1907 montrant cette section de la rue Saint-Hubert, on voit bien l’édifice ; et son implantation dans un tissu urbain déjà très développé. Il est toutefois toujours inscrit comme « skating rink ». Un autre mystère du Plateau.

Vous admettrez tout de même qu’il demeure malgré tout bien difficile d’imaginer un tel amphithéâtre sur la rue Saint-Hubert. Pensez-y la prochaine fois que vous déambulerez rue Saint-Hubert, près de la rue Duluth, dans le voisinage de l’ancien « Inspecteur Épingle ».

(source : BAnQ les annuaires Lovell  /  On voit l’immense espace occupé par le « patinoir » du Montagnard sur la rue Saint-Hubert. Les deux côtés de la rue sont libres de constructions. Un promeneur attentif remarquera sur le fronton d’un immeuble d’appartements en face de la patinoire, le nom de « Montagnard ». Un clin d’œil ?)

(source : BAnQ les annuaires Lovell  /  On voit l’immense espace occupé par le « patinoir » du Montagnard sur la rue Saint-Hubert. Les deux côtés de la rue sont libres de constructions. Un promeneur attentif remarquera sur le fronton d’un immeuble d’appartements en face de la patinoire, le nom de « Montagnard ». Un clin d’œil ?)

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