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Lieux de culte : intégrer ou interdire?

Immobilier, Vie de quartier
La diversité des lieux de culte «fait partie du paysage », souligne la conseillère du Mile-End Marie Plourde qui estime qu'il faut chercher à intégrer les nouveaux lieux de culte à la trame urbaine plutôt qu'à les interdire.
La diversité des lieux de culte «fait partie du paysage », souligne la conseillère du Mile-End Marie Plourde qui estime qu’il faut chercher à intégrer les nouveaux lieux de culte à la trame urbaine plutôt qu’à les interdire. (photo d’archives : Simon Van Vliet)

Alors que l’arrondissement d’Outremont propose d’interdire les nouveaux lieux de culte sur les rues commerciales, le Plateau cherche plutôt à les intégrer à la trame urbaine.

Il y a trois ans, l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, qui se trouvait lui aussi confronté à des problèmes de nuisances liées à la multiplication des lieux de culte hassidiques dans le Mile-End, avait cherché à encadrer le développement de nouvelles synagogues.

« Encadrer pour mieux permettre »

Selon la conseillère d’arrondissement du Mile-End, Marie Plourde, les modifications apportées à l’époque au règlement d’urbanisme du Plateau visaient à « encadrer pour mieux permettre ». Les changements règlementaires proposés avaient pour effet d’interdire l’usage de centres communautaires comme lieux de culte informels, une pratique qui s’était répandue sur l’avenue du Parc.

L’arrondissement souhaitait ainsi inciter la communauté hassidique à formaliser l’implantation synagogues. « Le but c’était vraiment de favoriser l’intégration », assure la présidente du Comité consultatif d’urbanisme qui souligne que deux nouvelles synagogues ont depuis été implantées avec succès sur l’avenue du Parc. Elle cite en exemple le projet de conversion partielle de deux immeubles en synagogue, qui a été approuvé en 2014 à condition que le rez-de-chaussée ne serve pas de lieu de culte.

« On voulait aussi éviter l’implantation de synagogues informelles sur les rues résidentielles. C’est là que sont générées les plus grandes nuisances », précise l’élue du Mile-End.

Un Plateau historiquement multiconfessionnel

Bien qu’elle soit parfois source de tensions, la cohabitation des diverses confessions sur le Plateau prend parfois des formes surprenantes. À la fois Juif et bouddhiste, Leonard Cohen était « un exemple typique de la religiosité moderne » interconfessionnelle, souligne le Centre de ressources et d’observation sur l’innovation religieuse de l’Université Laval dans une notice nécrologique publiée à l’occasion du décès de l’auteur-compositeur-interprète il y a deux semaines.

Selon le profil sociodémographique du Plateau, un peu plus de 50 % de la population y est de confession chrétienne (dont 43,5 % de chrétiens et 2 % d’orthodoxes). Avec respectivement 3,8 %, 3,6 % et 1,3 % d’adeptes, les religions musulmanes, juives et bouddhistes sont les trois plus importantes religions minoritaires.

La diversité des lieux de culte qui découle des cette réalité démographique « fait partie du paysage », souligne Marie Plourde. Outre les nombreuses églises catholiques, dont l’église Saint-Jean-Baptiste, l’inventaire des lieux de culte au Québec dénombre près d’une trentaine de lieux de culte dans l’arrondissement, dont une cathédrale orthodoxe et plusieurs synagogues, sans compter le Centre Soufi de Montréal et le Centre de méditation bouddhiste Paramita de Montréal qui ont pignon sur rue dans le Mile-End.

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