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La Fête-Dieu

Histoire
Le cardinal Paul-Émile Léger préside la cérémonie de la Fête-Dieu de 1956. (photo : Archives des Pères du Très-Saint-Sacrement)
Le cardinal Paul-Émile Léger préside la cérémonie de la Fête-Dieu de 1956. (photo : Archives des Pères du Très-Saint-Sacrement)

Cette semaine, on parle de religion avec la présentation d’une fête très importante dans la liturgie de l’Église catholique romaine : la Fête-Dieu.

Cette fête était aussi très significative pour les paroissiens de cette première moitié du XXe siècle.

Nous n’avons plus à souligner l’importance de l’Église dans la société montréalaise ou québécoise de cette période. Elle était omniprésente et exerçait un pouvoir qui est aujourd’hui inimaginable. Il faut dire à son crédit que la paroisse fut longtemps la structure administrative qui réglait la vie des communautés civiles, puisqu’elle était chargée entre autres de la tenue des registres civils et, d’une certaine façon, responsable de l’organisation scolaire.

Plus près de nous, cette fête de l’Eucharistie revêtait une importance particulière pour la Congrégation du Très-Saint-Sacrement, qui s’est installée sur l’avenue du Mont-Royal depuis son arrivée à Montréal en 1893.

Le cardinal Paul-Émile Léger préside la cérémonie de la Fête-Dieu de 1956. (photo : Archives des Pères du Très-Saint-Sacrement)

Le cardinal Paul-Émile Léger préside la cérémonie de la Fête-Dieu de 1956. (photo : Archives des Pères du Très-Saint-Sacrement)

Cette communauté, dont la mission est l’adoration du Saint-Sacrement, voyait là sa manifestation publique la plus importante de l’année. La tradition a perduré de 1893 jusqu’en 1963.

Les archives de la communauté nous donnent quelques détails sur cette fête et surtout sur la procession solennelle qui en était la manifestation la plus visible. « C’est en effet une des grandes fêtes de l’Eucharistie. À Montréal, cette fête était toujours présidée par l’archevêque. Il prenait place sous un dais porté par des hommes. Il était escorté par des diacres, une fanfare, plusieurs groupes (les croisés, les enfants de l’école, les Enfants de Marie, la Congrégation des hommes). Chaque groupe apportait sa bannière. On faisait installer des haut-parleurs le long du parcours. On parcourait tout le territoire de la paroisse. La procession commençait sur l’avenue Mont-Royal et se terminait devant un reposoir qu’on avait fait construire sur la façade de l’église. Il s’agissait d’un imposant reposoir richement décoré de drapeaux, de fleurs et de divers objets décoratifs. Au passage de la procession, des milliers de personnes se rassemblaient tout le long du parcours et devant l’église. Et c’était au milieu des fleurs, de l’encens, des chants les plus variés, que s’avançait la procession ».

La photographie qui amorce cet article nous montre justement la procession de 1956 et ce fameux dais qui protège l’ostensoir. Celui-ci est porté pour l’occasion par le cardinal Paul-Émile Léger (1904-1991). Il vient à peine d’être nommé cardinal par Pie XII, en 1953. Le texte précédent nous parle aussi de la Congrégation des hommes, qui accompagnent la procession. On voit d’ailleurs à droite sur la photo, un représentant qui arbore son « insigne », lequel représente le grand ostensoir de la communauté des Pères du Très-Saint-Sacrement.

Je vous parle de cette Congrégation des hommes parce que mon grand-père en faisait partie et que je possède certains artefacts concernant ce groupe.

Voici le Manuel rédigé à l’intention des membres de la Congrégation des hommes. (photo : Archives de la Famille Uldéric Lessard)

Voici le Manuel rédigé à l’intention des membres de la Congrégation des hommes. (photo : Archives de la Famille Uldéric Lessard)

Voici le fameux « Insigne » que les membres arboraient fièrement à leur habit. (photo : Archives de la Famille Uldéric Lessard)

Voici le fameux « Insigne » que les membres arboraient fièrement à leur habit. (photo : Archives de la Famille Uldéric Lessard)

Mon grand-père était un homme fier et quand il s’impliquait dans quelque chose, il y allait à fond. Le texte précédent nous indique que la procession parcourait plusieurs rues du quartier et que des reposoirs étaient installés à certains endroits afin de marquer l’événement au fil des rues. Une année (malheureusement, je n’ai pas encore pu déterminer laquelle), la procession passait sur l’avenue Christophe-Colomb devant sa maison et il s’engagea à élever un de ces reposoirs. Je vous offre cette photographie de son œuvre (il n’était quand même pas seul), car je considère qu’il s’agit là d’un témoignage incroyable de la force intrinsèque et de la portée de cet événement, ainsi que de la fierté qu’en tiraient les gens qui s’y impliquaient.

Reposoir installé devant la résidence de Monsieur Uldéric Lessard sur l’avenue Christophe-Colomb. L’heure est solennelle et on n’attend plus que la procession. (photo : Archives de la Famille Uldéric Lessard)

Reposoir installé devant la résidence de Monsieur Uldéric Lessard sur l’avenue Christophe-Colomb. L’heure est solennelle et on n’attend plus que la procession. (photo : Archives de la Famille Uldéric Lessard)

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