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Le Plateau, marché immobilier de luxe?

Immobilier
Une unité de coin de plus de 2000 pieds carrés est à vendre pour 1 295 000$ dans le complexe 333, Sherbrooke Est. (Photo: Realter.ca)
Une unité de coin de plus de 2000 pieds carrés est à vendre pour 1 295 000$ dans le complexe 333, Sherbrooke Est. (Photo: Realter.ca)

Le Plateau est un des arrondissements de Montréal où il se vend plusieurs propriétés à un million de dollars ou plus. Est-il un marché de luxe pour autant?

En décembre, la firme JLR Solutions foncières publiait une étude révélant une forte hausse du marché des résidences de luxes au Québec. L’étude fait état d’un bond de 20 % des ventes de propriétés de plus d’un million en 2016, comparativement à l’an dernier.

Le Plateau n’échappe pas au phénomène. « Cinq propriétés à plus d’un million ont été vendues, entre janvier et novembre 2016, sur le Plateau Mont-Royal, révèle Joanie Fontaine, économiste chez JLR. Il s’agit de deux copropriétés et de trois unifamiliales. La résidence la plus chère a été acquise pour la somme de 1 200 000 $. » JLR se réfère aux transactions inscrites au registre foncier.

De son côté, pour la même période, Nathalie Clément, de Via Capitale du Mont-Royal, indique qu’elle a recensé six ventes d’unifamiliales à plus de 1 M$, dont une à 1 450 000 $, ainsi que neuf unifamiliales à plus de 900 000 $. Elle constate une certaine stabilité dans le marché, car, en 2015, au 30 novembre, elle a recensé neuf ventes de cottages à 1 M$ ou plus, et six à 900 000 $ ou plus.

« Dans les condos, même stabilité. En 2015, je recense une vente à 945 000 $ et une de plus d’un million en 2016, dit-elle. Malgré ces chiffres, je ne crois pas que le Plateau soit un marché de luxe. Certes, 60 % des transactions sont liées à des propriétaires investisseurs, mais pas dans le créneau des propriétés dispendieuses, où les acheteurs habitent leurs propriétés. »

Mme Clément offre une explication : beaucoup d’acheteurs sont de jeunes familles qui décident de rester en ville et qui achètent un duplex (pour le transformer en cottage) ou une unifamiliale, et qui la rénovent de fond en comble, à fort prix, souvent avec des matériaux de luxe, et qui agrandissent les espaces de vie. « Ceux qui en ont les moyens veulent rester dans un quartier central pour y élever leur famille, dit-elle. Ils mettent une croix sur la voiture pour ajouter 300 000 $ sur leur propriété. »

De plus, le parc immobilier est en mauvais état sur le Plateau puisqu’il a vieilli, et de nombreux propriétaires en ont négligé l’entretien. À cela s’ajoutent des exigences réglementaires assez sévères sur le Plateau. On doit, parfois, respecter le patrimoine et utiliser des matériaux écologiques, comme des membranes blanches pour les toits plats. C’est un facteur qui fait grimper le coût de la rénovation : « Quand il faut restaurer un mur de pierre, ça coûte cher », ajoute-t-elle.

Étrangers

Contrairement à la croyance populaire, les acheteurs étrangers, surtout français, mais aussi chinois, depuis peu, ne font pas grimper les prix, selon Mme Clément. Mais ils sont plus nombreux.

« J’arrive d’un congrès de Prestige MLS tenu à Paris. C’est un club d’agences établies partout dans le monde. On y a abordé le phénomène des acheteurs étrangers, qui est planétaire. Les Européens et, depuis Trump, les Américains sont inquiets de ce qui se passe dans leur pays. Les Chinois veulent sortir leur argent de leur pays et s’acheter du prestige. Les acheteurs étrangers, peu importe leur origine, s’intéressent à des endroits où le marché immobilier et la politique sont stables, où la monnaie est abordable, où ils peuvent être en sécurité. Montréal satisfait tous ces critères. Quand un Français débarque sur le plateau, il paie en euros, une monnaie qui vaut plus cher que le huard », explique Nathalie Clément.

De plus, Montréal offre un style de vie très proche de celui de New York, mais moins cher. Et de nombreux acheteurs étrangers apprécient nos universités de calibre international.

20 ans

L’agence immobilière Via Capitale du Mont-Royal célébrait ses 20 ans d’existence en 2016. En 1996, Mme Clément a acheté la nouvelle franchise du bureau de l’Avenue Mont-Royal de la défunte filiale de la Mutuelle des fonctionnaires du Québec, devenue La Capitale depuis.

Elle a décidé d’organiser un concours pour remercier ses clients qui ont acheté ou vendu avec l’agence. « Nous voulions célébrer l’anniversaire avec eux, dit-elle. On leur a demandé de nous soumettre un témoignage de ce qu’ils ont vécu avec nous. Le 10 janvier prochain, nous allons tirer un chèque-cadeau de 5000 $ en voyage. On offre aussi, comme deuxième prix, une paire de billets pour un match des Canadiens à l’hiver 2017. »

Au départ, l’agence regroupait 16 courtiers. Aujourd’hui, l’équipe en compte 60. « Nous les avons sélectionnés pour leur intégrité et leur conscience sociale avant tout », signale Mme Clément. En 20 ans, l’agence a aidé et guidé plus de 6 784 acheteurs et 5 664 vendeurs à compléter l’une des plus importantes transactions de leur vie.

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