Publicité

Un violent incendie rue Laurier… trois pompiers sont morts!

Histoire
On voit sur cette photographie la façade éventrée suite à la forte explosion qui fut responsable du décès des pompiers. La photo des débris semble nous montrer une structure mixte composée de béton et d’acier. (photo : Archives du Service de Sécurité Incendie de Montréal. Collection Jean-François Courtemanche)
On voit sur cette photographie la façade éventrée suite à la forte explosion qui fut responsable du décès des pompiers. La photo des débris semble nous montrer une structure mixte composée de béton et d’acier. (photo : Archives du Service de Sécurité Incendie de Montréal. Collection Jean-François Courtemanche)

Périodiquement, je vous reviens avec une chronique relatant une catastrophe ou des incendies importants dans le quartier.

Je vous ai parlé du terrible drame de la rue Mentana et de l’incendie de l’avenue du Mont-Royal, près de Papineau, où cinq pompiers étaient décédés. Cette semaine on se retrouve à l’été de 1937 sur la rue Laurier, angle Hutchison. Un autre drame se prépare !

On voit sur cette photographie la façade éventrée suite à la forte explosion qui fut responsable du décès des pompiers. La photo des débris semble nous montrer une structure mixte composée de béton et d’acier. (photo : Archives du Service de Sécurité Incendie de Montréal. Collection Jean-François Courtemanche)

On voit sur cette photographie la façade éventrée suite à la forte explosion qui fut responsable du décès des pompiers. La photo des débris semble nous montrer une structure mixte composée de béton et d’acier. (photo : Archives du Service de Sécurité Incendie de Montréal. Collection Jean-François Courtemanche)

C’est le 25 juin qu’un incendie éclate au garage Laurier, une structure de six étages sis du côté sud de la rue Laurier, un peu à l’est de Hutchison. L’immeuble est utilisé principalement pour la mécanique et comme structure de stationnement.

chronique-pamplemousse-no_82_2L’édifice est tout neuf puisqu’il vient d’être construit cette même année. Son architecte est Jean-Julien Perreault (1893-1976) qui est également le concepteur avec son collègue, J. Roméo Gadbois, de l’école supérieure « Le Plateau » (1931) dans le parc La Fontaine, ainsi que du pavillon Le Royer de l’Hôtel-Dieu de Montréal (1951). Il sera très actif dans la ville d’Outremont, où on lui attribue la conception de pas moins que 125 édifices.

Les archives du Service de Sécurité Incendie de Montréal nous relatent les faits de cette intervention. On signale que l’alerte fut donnée au début de l’après-midi vers 13 h 30.

« Une première explosion au sous-sol souleva le plancher du garage et créa une ouverture d’où jaillissaient des flammes. Depuis la rue, les pompiers arrosaient avec de puissants jets, mais à 14 h 07, une seconde explosion souffla la façade sur deux étages et propulsa comme un canon briques, pièces de métal et éclats de béton et de verre sur les pompiers et la foule qui s’était assemblée devant le garage. Toutes les ambulances de la ville furent mobilisées, car 97 personnes furent conduites dans les hôpitaux et d’autres furent soignées sur les lieux.

Trois pompiers, Armand Sénécal de la caserne 30 (caserne sise angle Laurier et Saint-Laurent), Joseph Lepage et Irénée Martin de la caserne 16 (Rachel et Christophe-Colomb), furent tués par l’explosion alors qu’ils étaient couchés sur le trottoir pour arroser au sous-sol (ils furent ensevelis sous les débris). On retrouva le casque d’un pompier sur le toit d’un édifice de deux étages situé à 200 pieds du lieu de la déflagration. L’incendie fit une quatrième victime, le capitaine Napoléon Dugal de la caserne 14, qui décéda quatre mois plus tard des suites de ses blessures. Seulement deux des treize pompiers de la caserne 30 purent regagner leur caserne après l’incendie.

On peut facilement imaginer le chaos que dut susciter un tel événement dans ce secteur très achalandé du quartier. On peut également présumer que ce sont des réservoirs d’essence qui sont en cause dans cette conflagration. Le résumé donné par le Service de Sécurité Incendie ne donne pas le détail des causes des explosions.

Le logo de la compagnie d’essence « Red Indian » qui fournissait le garage Laurier. (photo : eBAY)

Le logo de la compagnie d’essence « Red Indian » qui fournissait le garage Laurier. (photo : eBAY)

Il faut rappeler qu’à cette époque, dans un tissu urbain déjà développé, la distribution d’essence se fait souvent en bordure de la rue, où se retrouvent des pompes. Plus tard, la station-service occupant un grand terrain sera plus courante (et plus sécuritaire). On profite encore une fois de saluer le courage des quatre pompiers décédés dans cet événement.

(photo prise en janvier 2017 Gabriel Deschambault)

(photo prise en janvier 2017 Gabriel Deschambault)

Visitez le blogue de l’auteur.

Visitez la Société d’histoire du Plateau Mont-Royal :

Vos commentaires
loading...