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« Assalamu alaykum » : La vie continue au centre Soufi

Éditoriaux, Vie de quartier
Chaque jeudi à 20h, le centre Soufi de Montréal ouvre ses portes pour une célébration traditionnelle suivie d'un repas.
« Venez, venez, où que vous soyez Vagabond, adorateur, amoureux du voyage, Venez. Notre aventure n’est pas une caravane de désespoir. Même si vous avez rompu vos voeux mille fois, venez. Venez une nouvelle fois. » Chaque jeudi à 20h, le centre Soufi de Montréal ouvre ses portes pour une célébration traditionnelle suivie d’un repas. (photo : Simon Van Vliet)

La porte du centre Soufi de Montréal, situé sur la rue Fairmount, demeure ouverte pour les cinq prières quotidiennes de l’Islam.

Il n’y avait pas foule quand je m’y suis rendu, mardi, peu avant l’heure de l’al-‘asr, la prière de l’après-midi, nommée d’après la sourate 103 du Coran qui résonne cette semaine d’une actualité troublante : « Par le Temps! L’homme est certes, en perdition, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s’enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance. »

La porte n’était pas verrouillée. Je suis entré et par déférence, plus à une coutume qu’à un Dieu, j’ai retiré mes chaussures comme on retire son chapeau en rentrant dans une église.

Une femme m’a accueilli : Assalamu alaykum, que la paix soit avec vous. Elle a poliment décliné ma demande d’entrevue. En réponse à la (prévisible?) question que je lui ai tout de même posée, elle a simplement répondu que, non, elle n’avait pas peur et qu’elle continuerait à pratiquer sa religion paisiblement.

Elle m’a conseillé de parler à l’imam local, scheik Omar Koné, qui n’était pas présent au moment de mon passage. Il n’avait pas retourné mes appels au moment d’écrire ces lignes, probablement trop occupé à panser les plaies de sa communauté.

J’imagine ce qu’il aurait à dire alors que, pour une fois, on ne lui demande pas comment la communauté musulmane réagit à un attentat islamiste avec lequel elle n’a pourtant rien à voir. Alors que la communauté musulmane est cette fois ciblée par un acte haineux d’une violence inégalée, ces propos sur la radicalisation, rapportés dans une publication de l’INM en 2015, prennent une nouvelle signification. « On attribue un acte terroriste sur cinquante à des islamistes selon un groupe de recherche européen. Pourquoi prennent-ils alors une place aussi prépondérante dans l’espace médiatique? », demandait Omar Koné, qui estime que « la déficience de nos sociétés, la source de la radicalisation, est l’absence d’horizon d’accomplissement offert aux jeunes ».

Laissant les fidèles à leur prière, j’ai quitté les lieux en me promettant d’y revenir. Une affiche a attiré mon attention en sortant : il s’agissait d’une invitation au festival du Mawlid, une fête soufie organisée le 14 janvier, à l’honneur de l’anniversaire de naissance du prophète Mohamed, sous le thème « Bien vivre notre diversité sous le signe de la solidarité ». Le message au cœur de l’illustration, un arbre aux multiples branches colorées, qui orne l’affiche, fait écho à l’actualité douloureuse de la semaine : « désir de paix ».

Quoi de plus sain à cultiver, en ces temps troublés, que ce désir de cohabitation pacifique dans une société diversifiée? À la communauté de confession musulmane, première minorité religieuse sur le Plateau faut-il le rappeler, j’offre au nom de l’équipe de pamplemousse.space.monolith.agency mes plus sincères sympathies. Nous partageons votre désir de paix. Que la paix soit avec vous.

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