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Immeubles abandonnés : promouvoir l’occupation, punir la négligence

Immobilier
L'immeuble qui s'est partiellement effondré la semaine dernière avait fait l'objet d'un projet de transformation en café-restaurant qui n'a jamais vu le jour.
L’immeuble qui s’est partiellement effondré la semaine dernière avait fait l’objet d’un projet de transformation en café-restaurant qui n’a jamais vu le jour. (photo : Simon Van Vliet)

L’effondrement partiel d’un bâtiment abandonné sur l’avenue Laurier la semaine dernière témoigne de la difficulté d’assurer la préservation du cadre bâti.

Si les contraintes de zonage, d’urbanisme ou d’architecture compliquent parfois la réaffectation des bâtiments, c’est surtout l’absence de pouvoir coercitif qui empêche l’arrondissement de forcer les propriétaires récalcitrants à entretenir ou, en dernier recours, à démolir leurs bâtiments.

Dans le cas de l’édifice de l’avenue Laurier, l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal avait autorisé en février 2014 l’aménagement, sous certaines conditions, d’un café-terrasse accessoire à un projet de restaurant qui devait y ouvrir, mais le restaurant en question n’a finalement jamais vu le jour.

À l’abandon depuis la fermeture de la boucherie kasher Glatt il y a une dizaine d’années, le bâtiment s’est dégradé au point de s’effondrer sous le poids de la neige.

Mallory Wilson, cofondatrice d’Entremise, estime que ce type de perte est emblématique du problème de la vacance à Montréal.

« Ce bâtiment était porteur de l’histoire juive », souligne la spécialiste en conservation du patrimoine qui se désole qu’avec la démolition du bâtiment, ancien repère de la United Jewish People’s Order (UJPO), c’est un pan oublié de l’histoire ouvrière juive montréalaise qui disparait.

Adepte du principe de « l’entretien par occupation », Mallory Wilson plaide pour une approche de préservation du patrimoine urbain basée sur les usages temporaires et transitoires des lieux abandonnés.

Peu d’édifices abandonnés, mais un déficit d’entretien important

Bien que dans l’ensemble, le nombre de bâtiments abandonnés soit relativement peu élevé sur le Plateau Mont-Royal (l’arrondissement recense une quarantaine d’édifices vacants sur son territoire), plusieurs de ces bâtiments souffrent d’un important déficit d’entretien.

C’est le cas notamment de deux immeubles patrimoniaux situés sur la rue Esplanade en bordure du parc Jeanne-Mance, dans l’arrondissement historique et naturel du Mont-Royal.

« Nous sommes en attente d’un procès en Cour supérieure pour forcer la démolition en conservant la façade, tel qu’entendu avec le Ministère de la Culture et des Communications du Québec », explique la chargée de communication à l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Geneviève Allard, qui précise qu’une audience dans ce dossier doit avoir lieu en mars.

Lorsque l’émission d’avis ou de constats d’infraction par les inspecteurs municipaux ne suffit pas, le recours aux tribunaux demeure en effet le seul moyen pour l’arrondissement de faire respecter la réglementation municipale.

Par exemple, après avoir émis des constats et mis en demeure le propriétaire d’un immeuble abandonné situé à l’angle des rues Napoléon et Coloniale, l’arrondissement est maintenant en attente d’un procès.

Dressant une liste d’une demi-douzaine d’autres cas où l’arrondissement est intervenu dans les dernières années, Geneviève Allard insiste pour dire que « l’arrondissement prend très au sérieux la réhabilitation de son cadre bâti et la préservation du patrimoine ».

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