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L’Hôtel Palace de Samarcette

Histoire
Collection de cartes postales de Marcel Paquette. (photo : photographe inconnu)
Collection de cartes postales de Marcel Paquette. (photo : photographe inconnu)

Il y a quelque temps, l’actualité nous rendait compte du « tsunami public » provoqué par un commerce ayant pignon sur rue et offrant en vente libre de la marijuana.

Pas besoin de se cacher pour avoir du « pot » ; pas besoin d’être malade ; il faut juste faire la file. Cela a duré quelques heures et la « justice » (celle qui a le bras long) a mis fin à tout ça. Quelle aventure !

Cela m’a quand même rappelé que j’avais déjà écrit quelques mots sur ce bâtiment, dans le contexte d’une présentation de deux écrivains du Plateau : Mordecai Richler et Michel Tremblay. En effet, dans la littérature de Tremblay ce bâtiment est mis en vedette dans son livre « la duchesse et le roturier », écrit en 1982.

Voici l’extrait en question :

« Au Palace, sur la rue Mont-Royal au coin de Parthenais, où Samarcette finissait ses soirées, donnant des spectacles jusqu’à la fermeture quand l’assistance était suffisante, c’était encore pire : on le recevait avec hostilité, on le traitait de tous les noms, on lui lançait de grosses allumettes de bois ou des dix cennes pour qu’il s’enfarge sur la minuscule scène de laquelle il était d’ailleurs tombé d’innombrables fois (ses seuls triomphes) et qu’il abhorrait par-dessus tout.

Au Palace, à la porte, sous celui de Mercedes qu’il suivait partout comme un petit chien, il avait son portrait jauni et racorni sous lequel on pouvait encore lire : Serge Morissette, acrobate. »

Ce « club », ce fameux « Palace » des livres de Tremblay, est bel et bien situé à l’endroit indiqué, au 2200, avenue Mont-Royal. Le bâtiment porte tout de même une longue histoire. Bref retour dans le temps.

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Collection de cartes postales de Marcel Paquette. (photo : photographe inconnu)

Construit vers 1905, l’Hôtel Delorimier connaît ses jours de gloire au début du XXe siècle. C’est un lieu très respectable logeant entre autres, dans ses 25 chambres, des voyageurs de commerce faisant affaire sur la rue Mont-Royal. On le voit ici, sur la photo précédente, en 1915. On peut penser que la présence du vaste complexe manufacturier de la « Ames, Holden & McReady » (fabricant de produits de cuir et de caoutchouc) génère la visite de nombreux représentants de commerce. Les grands abattoirs de l’Est, quelques rues plus loin, doivent également attirer de nombreux « voyageurs de commerce ».

En 1932, notre bâtiment vedette devient le « Palace Hotel ». Voici une photo captée en 1986 de l’édifice mentionné par Tremblay dans son livre. L’histoire ne dit pas quand il devint ce fameux bar « Le Palais du Country », avec une maison de chambres aux étages.   Il y fait bien piètre figure, mais heureusement, une rénovation judicieuse lui a récemment redonné son lustre d’antan.

Recherche de la SIMPA 1986. (photo : Arrondissement du Plateau Mont-Royal)

Recherche de la SIMPA 1986. (photo : Arrondissement du Plateau Mont-Royal)

Voilà notre bâtiment dans toute sa splendeur actuelle. L’essentiel du vocabulaire architectural d’origine a été conservé et c’est un atout important pour le paysage urbain de cette section de l’avenue du Mont-Royal et un beau rappel du Village de De Lorimier.

Son allure contemporaine nous montre un magnifique bâtiment qui rappelle la splendeur de l’ancienne petite ville-modèle. (photo : Gabriel Deschambault)

Son allure contemporaine nous montre un magnifique bâtiment qui rappelle la splendeur de l’ancienne petite ville-modèle. (photo : Gabriel Deschambault)

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