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Saint-Louis-de-France disparue!

Histoire
Le clocher imposant et un peu insolite de Saint-Louis-de-France. On voit aussi à gauche de la façade, un baptistère dont la masse et le volume tentent de faire un peu contrepoids à l’immense clocher que l’on voit de partout dans le quartier. (photo : carte postale ancienne - source BAnQ)
Le clocher imposant et un peu insolite de Saint-Louis-de-France. On voit aussi à gauche de la façade, un baptistère dont la masse et le volume tentent de faire un peu contrepoids à l’immense clocher que l’on voit de partout dans le quartier. (photo : carte postale ancienne – source BAnQ)

Il reste de moins en moins de patrimoines architecturaux de grande qualité sur le Plateau ! D’où l’importance de faire attention à celui qui nous reste.

Parlant de patrimoine perdu je voudrais vous présenter l’ancienne église Saint-Louis-de-France, construite en 1897. Elle servait d’église paroissiale à la bourgeoisie canadienne-française qui s’était établie dans le secteur du Square Saint-Louis, de la rue Cherrier, de la rue Sherbrooke ou Saint-Hubert. Elle est l’œuvre de l’architecte Victor Roy (1837-1902), qui a travaillé aussi ailleurs dans le quartier, entre autres avec la famille des architectes Resther, père et fils. Les avis sont parfois partagés en ce qui concerne les édifices de Roy ; les mauvaises langues disent qu’il en met beaucoup.

Personnellement, je suis bon public et cette époque « victorienne Montréalaise » me plaît bien. Roy est aussi connu pour être l’auteur, à l’âge d’à peine vingt ans, des esquisses de « Ravenscrag », la résidence de Sir Hugh Allan qui est toujours debout sur l’avenue des Pins. Laissez-moi vous dire que c’est toute une carte de visite ça.

Le clocher imposant et un peu insolite de Saint-Louis-de-France. On voit aussi à gauche de la façade, un baptistère dont la masse et le volume tentent de faire un peu contrepoids à l’immense clocher que l’on voit de partout dans le quartier. (photo : carte postale ancienne - source BAnQ)

Le clocher imposant et un peu insolite de Saint-Louis-de-France. On voit aussi à gauche de la façade, un baptistère dont la masse et le volume tentent de faire un peu contrepoids à l’immense clocher que l’on voit de partout dans le quartier. (photo : carte postale ancienne – source BAnQ)

On n’était pas peu fier de son église dans le quartier. La paroisse devait aussi avoir un certain poids dans l’espace politico-religieux montréalais. Lorsqu’en 1910, l’Église montréalaise organise le grand Congrès Eucharistique International, il faut dresser le plan du trajet de la procession solennelle qui doit clore cette manifestation religieuse. La procession, après avoir quitté l’église Notre-Dame, doit rejoindre un immense reposoir installé au parc Jeanne-Mance, afin d’y célébrer une grande messe. Une partie importante de ce trajet emprunta la rue Laval et le Légat Papal put admirer à loisir cette belle église. Des arcs de triomphe allégoriques animaient le parcours et celui voisin de notre église était parmi les plus beaux.

L’arc allégorique se trouvant rue Laval au sud de Roy. « ECCE PANIS ANGELORUM » Voici le pain des Anges. On voit l’imposant clocher de Saint-Louis-de-France. (photo : source BAnQ)

L’arc allégorique se trouvant rue Laval au sud de Roy. « ECCE PANIS ANGELORUM » Voici le pain des Anges. On voit l’imposant clocher de Saint-Louis-de-France. (photo : source BAnQ)

Malheureusement, le 12 janvier 1933, à cinq heures du matin, un incendie embrase l’édifice et en deux heures l’église est rasée. Le quartier vient de perdre un patrimoine inestimable. Les ruines demeureront longtemps visibles avant que l’on se décide à reconstruire l’église. Entre 1897 et 1933, le quartier s’est transformé de façon drastique et la fabrique hésite à se reconstruire au même endroit.

Les vestiges de l’église à la suite de l’incendie de 1933. (photo : source Archidiocèse de Montréal)

Les vestiges de l’église à la suite de l’incendie de 1933. (photo : source Archidiocèse de Montréal)

En trente-cinq ans, la structure sociale s’est beaucoup modifiée dans le quartier et l’on décide de plutôt reconstruire l’église plus à l’est. On choisit un site angle Saint-Hubert/Berri et Roy afin de reconstruire l’église paroissiale. Celle-ci est solennellement inaugurée le 24 mai 1937. Sur le site original de l’église demeure toujours l’ancien presbytère de la rue Laval.

Afin de préserver la mémoire de ce monument, notre société a installé une plaque historique devant l’emplacement original de l’église sur la rue Roy. Je vous communique une copie de cette plaque.

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